Intolérance au gluten : l’espoir d’un traitement !

Intolérance au gluten : l’espoir d’un traitement !

Le microbiote intestinal, une piste sérieuse pour le traitement de la maladie cœliaque ? C’est une équipe de chercheurs franco-canadiens* qui se penche sur cette idée. Faux espoir ou réelle avancée scientifique ? On vous explique tout. 

Petit rappel : ne pas confondre la maladie cœliaque avec l’hypersensibilité au gluten. Nous parlons bien aujourd’hui de l’intolérance au gluten, qui est la maladie cœliaque. 

Quelques petits rappels sur le microbiote intestinal

Le microbiote, encore bien connu sous le nom de flore intestinale, est un ensemble de micro-organismes vivants en symbiose complète dans notre tube digestif. Nous leur apportons les nutriments dont ils ont besoin et ils transforment des éléments que nous ne digérons pas en éléments directement assimilables par notre organisme. Magique, non ?

Le rôle du microbiote ne s’arrête pas là. Voyez-le comme un organe à part entière, dont on est encore loin d’avoir percé tous les mystères. 

Si le sujet sujet vous intéresse, n’hésitez pas à venir lire notre article sur l’alimentation pour un microbiote au top !

Quel est le lien entre microbiote et maladie cœliaque ?

On ne vous parle pas du microbiote par hasard ! Eh oui ! Le symptôme principal de la maladie cœliaque étant des troubles au niveau intestinal, vous comprendrez que les chercheurs se soient penchés sur le microbiote. Et ils ont bien fait ! Mais si vous le voulez bien, on va y aller par étape.

Tout d’abord, les scientifiques se sont rendu compte que dans les maladies inflammatoires comme la maladie cœliaque, il y avait un défaut dans le métabolisme du tryptophane.

🔎 Il s’agit d’un acide aminé essentiel, 

  • constituant des protéines 
  • mais également à la base de nombreuses réactions dans votre organisme. 

Il est dit “essentiel” car notre corps n’est pas en capacité de le fabriquer lui-même et doit donc le capter via l’alimentation. 

En temps normal, le tryptophane que nous consommons (en mangeant du chocolat, des graines, des céréales ou encore des fruits secs ) arrive dans notre intestin. Et c’est là que le microbiote intervient ! 

Il est alors utilisé par certaines bactéries du microbiote pour fabriquer des dérivés indoles. Outre leur joli petit nom, ces molécules sont vraiment très importantes. Elles viennent se fixer sur les récepteurs  AhR (Aryl hydrocarbon Receptor, soit récepteur Aryl hydrocarbure) au niveau des cellules de l’intestin. 

On observe alors une stimulation du système immunitaire au niveau de la paroi intestinale. Adieu l’état inflammatoire et les déséquilibres du microbiote. Voilà un intestin en bonne santé !

Dans le cas de la maladie cœliaque, on note une diminution de production de dérivés indoles et un défaut d’activation des récepteurs AhR, d’où l’état inflammatoire pathologique.

En quoi consiste l’étude sur ce potentiel traitement ?

Des premiers tests ont été réalisés chez la souris. Les chercheurs ont montré qu’en augmentant l’apport de tryptophane dans l’alimentation des souris, la composition du microbiote changeait. Ils ont également remarqué une augmentation de synthèse de dérivés indoles, diminuant ainsi les effets négatifs de la maladie cœliaque. 

Encore plus enthousiasmant, ils ont observé les mêmes résultats en administrant des bactéries produisant des dérivés indoles aux souris. 

A-t-on trouvé un traitement à la maladie cœliaque ?

Pour le moment, une chose est sûre : le microbiote et le métabolisme du tryptophane ont leur rôle à jouer dans le traitement de la maladie cœliaque. Mais de la souris à l’homme, il y a encore du chemin à parcourir et il faudra tester cette nouvelle hypothèse de traitement au cours d’une étude clinique. 

L’idée serait de mettre en place un traitement probiotique contenant des bactéries produisant les dérivés indoles chez des patients cœliaques. 

Il reste encore beaucoup d’interrogations et de nombreuses étapes, mais les chercheurs suivent cette piste très prometteuse. A quand un traitement pour la maladie cœliaque? Affaire à suivre ... Promis, on vous tiendra au courant. 

Sources : 

INRAE. oct 2020. Consortium de recherche international, composé d’équipes de l’Université McMaster (Canada), d’INRAE, de Sorbonne Université, de l’Inserm, de l’AP-HP et de l’université de Wageningen (Pays Bas),

Akobeng, A.K., Singh, P., Kumar, M. et al. Role of the gut microbiota in the pathogenesis of coeliac disease and potential therapeutic implications. Eur J Nutr 59, 3369–3390 (2020).

Mr RIEUTORD Florian. (2020, juillet). Les probiotiques : place et intérêts dans certaines pathologies inflammatoires et chroniques. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-02893117/document

Camille de Smartfooding

Camille de Smartfooding Nutritionniste de formation, spécialisée dans la nutrition sportive, j'aime la convivialité et la créativité que je retrouve dans la cuisine. A mes yeux, la santé passe tout aussi bien par l’alimentation, que par le sport. Plus qu'un métier, j'en ai fait mes deux passions.

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